|
Modèle
évolutif et tas de sable réel.
En 1987, le physicien
danois Per Bak propose une théorie
de la
complexité modélisée à l'aide
d'un tas de sable réel.
Le tas de sable sert
de modèle évolutif pour toute une classe de
phénomènes dits "
auto-organisés " comme par exemple le
scénario de l'évolution phylogénique
des espèces vivantes, ou
les mécanismes qui
organisent l'apparition des tremblements de
terre pris dans leur globalité, ou
encore le rythme et la taille des
avalanches de pierres sur une montagne. En effet, le tas de
sable
s'auto-organise sans aucune intervention extérieure.
Per Bak démontra que
tout système auto-organisé a une
dynamique qui l'amène inévitablement vers un état de crise
appelé état critique.
Cet état critique est
annonciateur d'une catastrophe
majeure.
Le milieu
s'auto-organise après la survenue d'un grand nombre
d'évènements d'importance
mineure, et tout se passe comme s'il
préparait le terrain pour l'arrivée d'une
catastrophe qui se
déclenchera lorsque l'état critique est atteint.
Pour l'évolution
phylogénique des espèces vivantes, les
catastrophes produites à l'état critique
correspondent aux
extinctions massives des espèces vivantes qui, à plusieurs
reprises dans l'histoire de l'évolution biologique, ont remodelé
fondamentalement
l'arbre phylogénique de l'évolution des
espèces vivantes.
Pour les tremblements
de terre, l'état critique correspond à la
secousse majeure du séisme, qui est toujours précédée de toute
une série
de secousses plus petites qui participent, par le rythme
de leur émergence, à
l'approche de l'état critique.
La criticalité auto-organisée est une
méthode utilisée par la
nature pour effectuer
des transformations énormes sur des
échelles de temps très courtes.
Modèle du tas de sable
Grain à grain, le flux de sable
s'écoule et le tas commence à se
générer, il devient de plus en plus pentu et
apparaît de petits
glissements de sable, des avalanches, qui atteignent le bas
du tas
et qui élargissent son rayon de base.
Le tas durant cette
phase est appelé le générateur.
Dès que les
avalanches n'atteignent plus le sol, une nouvelle
phase commence: la
régénération du tas.
L'auto-organisation
du tas de sable se caractérise par le
processus complexe des avalanches dans lequel le monde
"structuré"
et "aléatoire" se côtoient de manière complexe.
Le tas va évoluer de
manière autonome et organisée, et passer
par des étapes de
crises inévitables, des catastrophes qui lui
permettront de repartir sur une nouvelle base affaissée,
afin de
faire progresser la hauteur du sommet.
Avalanches et affaissements du tas de sable:
Avant l'avalanche. Après l'avalanche.
L'auto-organisation
du tas de sable porte principalement sur la
gestion de la pente du tas qui subit des modifications continues
provoquées par
la succession d'avalanches de tailles diverses.
Observée de près, la
pente n'est pas lisse du tout, elle comporte
des creux et des bosses. Les
grains qui roulent depuis le sommet
du tas, viennent combler ces irrégularités.
Il arrive un moment ou
la pente devient
lisse, plus aucun creux n'est disponible.
L'état critique est atteint. Ajoutons un
grain, il ne peut se placer,
toutes les places étant prises. Alors il dévale la
pente, déloge et
emporte d'autres grains : c'est l'affaissement du tas qui abaisse
la hauteur du tas. La pente
redevient irrégulière, un nouveau cycle
commence pour régénérer la pente.
Tas
de sable à l'état critique.
|